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27/11/2014

INSOLITE ET ÉRUDIT : ABCMer de Jean-François Marquet aux Éditions La Découvrance (HIVER 2014-2015)

Capture d’écran 2014-11-19 à 00.26.11.pngABCMer

Jean-François Marquet

 

Parution novembre 2014

 

Attachée de presse : Guilaine Depis

 

T 06 84 36 31 85 -

Courriel : guilaine_depis@yahoo.com

 

Collection :

Format : 12 x 18

Nombre de pages : 110

Illustrations : 40 dessins au trait, N&B

Prix TTC : 12 euros

ISBN 13 : 978-2-84265-810-6

Thème CLIL : 3643

Rayon librairie : Littérature de voyage, la Mer

Court texte qui contient une quinzaine de mots venus de la mer (en italique). :

"En arrivant de ma dernière vadrouille, j'étais complètement déglingué après cette biture prise avec quelques lascars. Un peu désemparé, je me suis dirigé, à l'estime et parfois en dérapant, jusqu'à ma cambuse. Là, je me suis affalé sur un strapontin avec un quart d'eau plate pour garder la ligne. À vrai dire, j'étais au bord de la nausée.

Il faut vraiment que j'arrête cette vie de patachon."  Jean-François Marquet,  ABCMer.

 

Le livre :

Jean-François Marquet propose de redécouvrir des mots – une quarantaine – issus du monde maritime et passés dans le langage courant, dont l’origine a été oubliée. Tout d’abord situé dans le contexte usuel actuel, le mot à l’aide d’une citation, d’un exemple historique est ensuite expliqué dans son contexte d’origine. Chaque mot est accompagné par un dessin de Sébastien Léger.

 

Un avant-goût des mots :

À Dieu vat’, affaler, arriver

biture, bord, branle-bas

cambuse, cape, chiourme, cinglé, corbillard

débâcle, déglinguer, démarrer, déraper,

désemparé, draguer

estime

forban, fretin

gabarit, gouverner, guindé

Havre

jauge

larguer, lascar, ligne

nausée, nef

panne, parage, patachon

quart

ricochet

strapontin

tiens bon

va-et-vient, vadrouille, vrac

 

JF Marquet-5.jpgL’auteur :

Jean-François Marquet est originaire de Nantes. Diplômé de Lettres modernes et de psychologie, il devient début 90 auteur et réalisateur de séries documentaires pour France Culture, les Ateliers de création de Radio France (diffusion sur le réseau des chaînes francophones : RSR, RTBF, Radio Canada) ; puis de 1993 à 2006, auteur de fictions radiophoniques pour France Inter. En 2004, il devient producteur délégué à France Culture pour les émissions Le Vif du Sujet, puis Sur les Docks. Depuis 2000, il est aussi réalisateur de films institutionnels et pédagogiques et participe à la fondation et collabore jusqu’en 2008 à l’aventure de Télé Nantes.

 

Livre édité :

Souverains poncifs, éditions Coiffard, 2013.

 

L’illustrateur :

Sébastien Léger, après des études de graphisme et d’animation à Bordeaux, travaille sur des épisodes de dessin animé pour un premier studio d’animation parisien et ensuite de nouveaux studios à Angoulême et toujours sur des dessins animés. En parallèle, il dessine pour des livres illustrés, etc.

 

Quelques mots

 

Capture d’écran 2014-11-19 à 00.24.37.pngARRIVER

A, comme Arriver,

 

Aujourd’hui on arrive un peu partout et un peu n’importe comment. On arrive à ses fins, d’ailleurs comme le disait Charles de Gaulle avec malice : « il n’y a que les arrivistes pour arriver », on arrive également par le train, la tortue arrive avant le lièvre, parfois même on n’arrive pas à dormir. Et, on le sait trop bien, un quart d’heure de gloire peut arriver à n’importe qui.

Mais, quoiqu’il arrive toutes ces choses peuvent nous arriver sans avoir à quitter la terre ferme et, si l’on en croit le sens maritime d’arriver, c’est peut-être une erreur. Car, tout comme on alunit sur la lune et qu’on atterrit sur la terre, on arrive logiquement sur une rive. Quoique, curieusement, quand le bateau arrive à bon port, lui, atteint des quais mais pas une rive à proprement parlé, sans doute une des nombreuses subtilités trompeuses du français.

Arriver est, en somme, un synonyme d’accoster ou d’aborder. Du reste, jadis, l’arrivage était un droit de débarquement des marchandises dans un port.

Mais, pour la marine à voile, arriver a un autre sens encore. On peut par exemple arriver tout plat c’est-à-dire manoeuvrer pour augmenter l’effet du vent dans les voiles en éloignant le cap du bateau de la direction du vent, on dit alors laisser porter et lorsque le même effet est involontaire, à cause d’une forte rafale par exemple on dit abattre.

L’embarcation fait donc une arrivée ou une abattée

Et, si on revient sur la terre ferme, le mot rival à la même racine qu’arriver, il vient aussi de la rive. En latin les rivaux étaient des propriétaires qui voyaient passer sur leurs terres, la même rivière. Une chose qui n’est pas sans créer certaines rivalités pour la jouissance de l’eau. Tout arrive.

 

Capture d’écran 2014-11-19 à 00.25.13.pngChiourme

C, comme chiourme ou G comme garde-chiourme.

 

Chiourme et garde-chiourme, deux mots qui fleurent bon l’ancien argot façon Michel Audiard. Et effectivement, la chiourme que nous connaissons aujourd’hui nous vient bien de l’argot des bagnards qui employait la chiourme pour désigner le bagne, les travaux forcés, la réclusion puis par extension la population pénitentiaire et la communauté des bagnards.

Donc on s’en serait douté, les gardes-chiourme n’étaient autres que les gardiens du bagne.

Aujourd’hui, c’est un synonyme de gardien de prison ou plus précisément de maton puisqu’on lui soupçonne pas mal d’arbitraire, voire de brutalité en tout cas d’une délicatesse très discrète. C’est sans doute pour cela qu’il désigne aujourd’hui n’importe quel petit chef abusif dans n’importe quelle structure. Et c’est sans doute aussi ce qui a fait dire à Georges Duhamel dans Biographie de mes fantômes, je cite : la moitié du monde bientôt jouera pour l’autre le rôle de garde chiourme. Et pourtant, l’origine de chiourme et de garde-chiourme n’est pas tout à fait celle-ci.

En fait, la chiourme a bien à voir avec les prisonniers puisque le mot vient de l’italien et voulait dire équipage de galère, un mot qui, si on remonte plus loin, signifiait chant de rameurs. La chiourme était donc l’ensemble des forçats liés à leur banc qui ramaient sur les galères, surveillés par les gardes-chiourme, dont on se demande toujours bien ce qu’ils étaient venu faire dans cette galère.

 

JF Marquet.jpg

24/11/2014

RSVP INVITATION AU VERNISSAGE DU PLUS GRAND SCULPTEUR CHINOIS VIVANT : YIMING MIN LE SAMEDI 13 DÉCEMBRE 2014

Victoire de Samothrace.jpg

RSVP pour signaler votre présence : 

Attachée de presse : Guilaine Depis 06 84 36 31 85 / guilaine_depis@yahoo.com 

INVITATION

Pour la première fois en France

Exposition de sculptures de l'artiste chinois Yiming MIN

du 13 au 16 décembre 2014 de 10h à 19h 

Espace Pierre Cardin 1-3 avenue Gabriel  75008 Paris

L'ÉMOTION DE L'INSTANT

Vernissage suivi d'un cocktail/champagne

* une surprise sera offerte aux journalistes

le samedi 13 décembre 2014

à partir de 18h

Site officiel http://minyiming.com (contact France Yan Chen) lianechen@hotmail.fr

Curateur : Georges Saulterre (biographie icisaulterregeorges@orange.fr 

 

Capture d’écran 2014-11-24 à 13.16.45.png

 

 

12:26 Publié dans Yiming MIN | Lien permanent | Commentaires (1)

21/11/2014

La Victoire de Samothrace par Yiming MIN (exposition Espace Cardin 13 au 16 décembre 2014)

The goddess of victory (La Victoire de Samothrace) par Yiming MIN

 

胜利女神

Victoire de Samothrace.jpg

 

Samothrace 2.jpg

 

Samothrace 3.jpg

 

 

13:10 Publié dans Yiming MIN | Lien permanent | Commentaires (0)

19/11/2014

TÉMOIGNAGE INÉDIT !!! "Un rescapé de La Méduse : mémoires du capitaine Dupont, 1775-1850" - Manuscrit original de Daniel Dupont présenté et commenté par Philippe Collonge - NOUVEAUTÉ HIVER 2014-2015 aux Éditions La Découvrance

UN MANUSCRIT INÉDIT aux Éditions La Découvrance

 

Un rescapé de La Méduse :

mémoires du capitaine Dupont, 1775 – 1850

Manuscrit original de Daniel Dupont

présenté et commenté par Philippe Collonge

 

Lire la Présentation de Philippe Collonge ICI, un extrait de la première partie ICI et un extrait de la deuxième partie ICI

 

meduse1.jpgParution novembre 2014

 

Attachée de presse : Guilaine Depis

Tél :  06 84 36 31 85 - Courriel : guilaine_depis@yahoo.com

 

• Un film intitulé La machine – nom attribué par les rescapés de la Méduse – est programmé sur ARTE cette fin d’année 2014.

• Juillet 2016 : bicentenaire de l’échouement de la Méduse.

 

Collection : Document

Format : 15 x 21

Nombre de pages : 162, texte

Illustrations : 17 pages N & B

Prix TTC : 17 euros

Date de parution : novembre 2014

ISBN 13 : 978-2-84265-834-2

Thème CLIL : 3388 - 3389

Rayon librairie : Histoire (Révolution, Restauration), histoire maritime

 

Le livre

Capitaine de l’armée française, le capitaine Daniel Dupont embarque à bord de la frégate La Méduse afin de participer à la réorganisation de la colonie française du Sénégal.

Le commandement du navire est confié à un marin de peu d’expérience : Hugues Duroy de Chaumarey.

Celui-ci, malgré les avis de marins confirmés va multiplier les erreurs de navigation, et, dans la nuit du 2 au 3 juillet 1816, échoue la frégate sur un banc de sable au large du Sénégal.

 

La Méduse transporte plus de quatre cents hommes, mais ne dispose que de six canots de sauvetage. Après quelques tentatives infructueuses pour dégager le navire, le 5 juillet, les officiers donnent l’ordre d’évacuation.

Les gradés s’installent dans les canots, mais les marins et soldats en surnombre (cent cinquante) sont entassés sur un radeau mal construit et abandonnés en pleine mer.

 

meduse2.jpgDurant douze jours, le radeau va dériver au gré des flots. Sans nourriture ni eau potable, de l’eau jusqu’aux genoux, les passagers sont contraints à des actes ignobles. Certains iront même jusqu’à manger la chair de leurs camarades et à boire leur urine. "Le 7, je repris connaissance et en ouvrant les yeux j’aperçus un matelot qui me coupait le pied. Je n’avais pas la force de le retirer, cependant je lui demandais ce qu’il faisait… Je m’aperçus que le malheureux avait perdu la tête." (Extrait des carnets du capitaine Dupont).

 

Les officiers présents tentèrent d’empêcher le massacre, en vain.

Quinze hommes sur un radeau… c’est ce que découvre, dans la matinée du 17 juillet 1816, le brick L’Argus, au large des côtes de la Mauritanie. Parmi eux, Daniel Dupont, un capitaine d’infanterie sorti du rang ; il est à la fois le plus élevé en grade et en âge des survivants du radeau de La Méduse…

Plusieurs rescapés publieront le récit de ce drame au retentissement considérable.

Daniel Dupont se contentera, à la fin de sa vie, de rédiger ses Mémoires à l’intention de sa famille.

S’il ne dit peut-être pas tout, par pudeur sans doute, tout ce qu’il dit porte l’accent de la sincérité. Ses écrits retracent vingt-cinq années d’une carrière militaire originale qui, de la Révolution à la Restauration, passe par la Vendée, les Antilles, l’Angleterre

et le Sénégal.

 

Philippe Collonge, passionné d’histoire, a retrouvé les manuscrits originaux détenus par les descendants du capitaine Dupont. Ces Mémoires, soigneusement étudiés et documentés, apportent à un large public le témoignage authentique d’un héros involontaire et modeste.

 

PORTRAIT COLLONGE PH  082-2.jpgL’auteur : Philippe Collonge qui présente et commente le manuscrit original du Capitaine Dupont

Né au Maroc en 1941, Philippe Collonge a toujours travaillé au sein du Groupe Air France dont il a été chef des Ventes pendant plusieurs années. Après différentes expériences dans des filiales du Groupe (Hôtels Méridien, Visit France, Jet Tours) il a terminé sa carrière comme directeur général de GO VOYAGES. En 1998, jeune retraité, il décide d’ouvrir une boutique de livres anciens qu’il va animer pendant quelques années avant de consacrer l’essentiel de son temps à des recherches historiques. Il s’attache à faire revivre des épisodes et des personnages de la petite histoire au travers de publications et de conférences régionales. Des Antilles au Sénégal, où il a vécu plusieurs années, en passant par la petite ville de Maintenon (28) où il réside

désormais, ses nombreux déplacements l’ont amené à croiser les traces du capitaine Dupont, un des dix survivants du radeau de La Méduse, dont il a retrouvé et commenté les Mémoires.

 

À propos du capitaine Daniel Dupont :

Né à Pierres – mort à Maintenon (Eure-et-Loir). En 1848, à soixante-treize ans, il devint maire adjoint de Maintenon.

Il mourut deux ans plus tard. Une rue de la ville porte son nom et une plaque commémorative est apposée sur sa maison, au 4, rue Saint-Pierre.

 

Capture d’écran 2014-11-18 à 23.00.56.png

Quatrième de couverture

Quinze hommes sur un radeau… c'est ce que découvre, dans la matinée du 17 juillet 1816, le brick L'Argus, au large des côtes de la Mauritanie. Parmi eux, Daniel Dupont, un capitaine d'infanterie sorti du rang ; il est à la fois le plus élevé en grade et en âge des survivants du radeau de La Méduse...

 

Plusieurs rescapés publieront le récit de ce drame au retentissement considérable. Daniel Dupont se contentera, à la fin de sa vie, de rédiger ses Mémoires à l'intention de sa famille. S'il ne dit peut-être pas tout, par pudeur sans doute, tout ce qu'il dit porte l'accent de la sincérité.

 

Philippe Collonge, passionné d'histoire, a retrouvé les manuscrits originaux détenus par les descendants du capitaine Dupont (né à Pierres et décédé à Maintenon, Eure-et-Loir). Ils retracent vingt-cinq années d'une carrière militaire originale qui, de la Révolution à la Restauration, passe par la Vendée, les Antilles, l'Angleterre et le Sénégal. Ces Mémoires, soigneusement étudiés et documentés, apportent à un large public le témoignage authentique d'un héros involontaire et modeste.

 

Sommaire

Présentation des Mémoires par Philippe Collonge

Remerciements

États de services et campagnes du capitaine Dupont

 

Première partie (1792 - 1815)

I. La guerre en Vendée (1792 - 1794)

II. Campagnes aux Antilles : Guadeloupe, Saint-Eustache et Marie-Galante (1795 - 1800)

III. Dupont officier. — Révolte des Noirs. — Expédition en Colombie. — Séjour dans l’île de Saint-Martin et garnisons en Guadeloupe (1801 - 1809)

IV. Guerre contre les Anglais. — Dupont se distingue au combat. — Capitulation des Antilles et captivité en Angleterre (1810 – 1814)

V. Retour émouvant à Maintenon après vingt-deux ans d’absence (1814)

VI. Nouvelle campagne aux Antilles. — Offensive des Anglais pendant les Cent- Jours. — De retour à Maintenon, Dupont reçoit l’ordre de partir pour le Sénégal (1814 - 1816)

 

Seconde partie (1816 - 1818) — Voyage en Afrique par terre et par mer en 1816

I. La Méduse fait voile pour le Sénégal : la frégate isolée s’échoue sur le banc d’Arguant (2 juillet 1816)

II. Organisation désastreuse du renflouement de La Méduse et du sauvetage de ses passagers (2 – 5 juillet)

III. Premières nuits d’horreur sur le radeau pour les naufragés abandonnés à leur sort (5 – 7 juillet)

IV. Les journées tragiques se succèdent : faim, soif, délires et actes de désespoir (8 – 13 juillet)

V. Derniers jours d’angoisses et de souffrances : quinze survivants recueillis par le brick L’Argus (14 - 17 juillet)

VI. Du Sénégal… à Maintenon (juillet 1816 – février 1818)

 

 Épilogue :

Que devinrent Daniel Dupont et les principaux acteurs de cette tragique aventure ?

Géricault et son Radeau de La Méduse.

 

 Annexes :

I. La Vendée en 1793

II. Situation des Antilles à la fin du XVIIIe siècle

III. Description par Daniel Dupont de la région du Cap-Vert en 1816

 

IV. À la recherche de La Méduse

La sculpture "Loin et près" de Yiming MIN (exposition Espace Cardin du 13 au 16 décembre 2014)

Far and near ("Loin et près") par Yiming MIN

上下左右

crane deux.jpg

 

crane 1.jpg

 

 

 

 

13:05 Publié dans Yiming MIN | Lien permanent | Commentaires (0)

18/11/2014

Présentation par Philippe Collonge des Mémoires du Capitaine Dupont, rescapé du radeau de La Méduse

Présentation des Mémoires du capitaine Dupont

 

meduse1.jpg

 Les Mémoires du capitaine Dupont n’ont fait l’objet que d’une diffusion restreinte, en 1903, à partir de la transcription de manuscrits possédés par la famille et grâce aux travaux effectués par Eugène Lecoeur, pharmacien de première classe et arrière-neveu du capitaine.

 

Leur publication, effectuée par la Société archéologique d’Eure-et-Loir dans trois bulletins successifs, n’a jamais bénéficié d’un tirage à part, et il nous paraissait intéressant, cent ans plus tard, d’en entreprendre l’édition révisée, sous la forme d’un seul volume étoffé de quelques cartes et reproductions.

 

Pour être totalement fidèle aux écrits du capitaine Dupont, nous avons travaillé directement sur les manuscrits originaux, rédigés de la main même du rescapé de La Méduse et complétés par les notes personnelles rassemblées par Eugène Lecoeur.

 

Ce travail à partir des pièces authentiques nous a permis de préciser, de compléter, de rectifier parfois le texte publié en 1903, en nous appuyant sur des éléments géographiques ou historiques plus faciles à collecter et à vérifier de nos jours. Dans ce but, nous avons consulté de nombreux documents concernant les guerres de Vendée, l’histoire des Antilles et du Sénégal, et lu ou relu les témoignages directs et les principaux ouvrages historiques traitant du naufrage de la frégate La Méduse.

 

De cette abondante lecture, nous citerons en particulier le livre très documenté publié par Michel Hanniet, qui constitue une somme de tout ce qui a été écrit sur cet événement dramatique (éd. Actes Sud, 1991). 

 

Nous avons respecté les formulations parfois maladroites mais souvent pittoresques, et certaines tournures anciennes qui donnent une saveur particulière à ces Mémoires qui n’ont rien perdu de leur intérêt à la fois humain et documentaire. Nos corrections se sont limitées à quelques modifications d’orthographe et de ponctuation, et à la suppression de certains archaïsmes de conjugaison.

 

Le manuscrit est scindé en deux parties : la première traite des campagnes de Vendée et des Antilles, la seconde concerne le naufrage de La Méduse. Chacune de ces deux parties se présente tout d’une traite, avec, en marge de la première (période 1792-1816), une simple indication de l’année concernée. Un découpage plus clair nous a paru utile et nous avons fait précéder chaque chapitre créé d’une

brève indication des événements qu’il relate. Plusieurs indices nous font supposer que la rédaction définitive de ces Mémoires s’est faite après 1840, à partir de notes de route très succinctes – et lointaines pour la première partie – et de souvenirs beaucoup plus proches et élaborés pour la seconde (certains passages ont manifestement été rédigés dans les semaines qui suivirent le naufrage, et complétés par la suite). Si l’on ajoute à ces raisons le fait que Daniel Dupont, tout au long de sa très honorable carrière, s’est évidemment attaché à développer ses connaissances et sa culture – en particulier pendant ses années de captivité en Angleterre –, on s’explique mieux la différence de style entre les deux parties du document. Les phrases brèves, souvent elliptiques, parfois incomplètes, qui caractérisent le début de ces Mémoires, laissent peu à peu la place à des notations plus détaillées, à des descriptions plus élaborées, à des observations plus originales.

 

Pour éclairer ou rectifier certains passages, préciser certaines circonstances, situer certains acteurs, nous avons introduit un grand nombre de notes, en reprenant une partie des commentaires d’Eugène Lecoeur et en y intégrant largement le résultat de nos recherches. Nous espérons que l’abondance de ces notes n’altérera pas la spontanéité du texte, mais fournira aux lecteurs les plus exigeants d’utiles

indications sur les événements, les lieux et les personnages. Enfin, le capitaine Dupont se montrant particulièrement attentif au relevé de ses itinéraires, nous les avons soigneusement étudiés et représentés sur des cartes qui en facilitent la lecture. (Sur ces cartes, nous avons adopté le plus souvent les graphismes actuels des noms de lieux, quelquefois différents de ceux du manuscrit).

 

Ce qui nous a paru le plus attachant, dans ces Mémoires, c’est l’homme qui les a rédigés.

La sécheresse habituelle des états de service, tels qu’ils sont conservés aux Archives historiques des armées, nous donne peu d’éléments sur l’aspect physique du capitaine Dupont : – Taille : 1,73 m – Visage : ovale – Front : large – Yeux : bleus – Nez : ordinaire – Bouche : moyenne – Menton : rond – Cheveux et sourcils : châtains.

 

En fait, en dehors de sa taille, plutôt élevée pour l’époque, l’apparence de Daniel Gervais Dupont ne présentait pas de caractéristiques bien particulières. Nous pouvons cependant supposer, en nous référant aux notes d’Eugène Lecoeur, que, contrairement à son frère aîné, sa denture était solide et saine puisqu’elle lui permettait de déchirer les cartouches et de manger du biscuit. Nous conviendrons

également que sa constitution devait être particulièrement robuste ; certes, il est quelquefois saisi par les fièvres, victime d’un débordement de bile ou d’une douleur au pied, mais pour passer par où il est passé et survivre jusqu’à soixante-quinze ans aux fatigues et aux privations endurées pendant vingt-cinq années de service, il faut être bâti à chaux et à sable !

 

Mais le plus étonnant chez cet homme simple, au jugement droit – qui semble, lui, ne s’étonner de rien –, c’est la chance incroyable qui le sert dans les pires situations. Sauvé de la noyade à Pontorson, il échappe au massacre d’un convoi de malades, est épargné par un sabreur vendéen, passe au travers de la mitraille anglaise, évite la baïonnette d’un esclave révolté, traverse sans dommage les plus fortes tempêtes et, quand le malheur semble enfin le terrasser, il fait partie de la poignée d’hommes qui survit à la tragédie du radeau de La Méduse … Mieux encore, en vingt-cinq années de vie militaire, pas une seule blessure sérieuse !

 

Daniel Gervais Dupont était probablement fait pour mener l’existence paisible de son père, mais l’époque troublée en avait décidé autrement, et cet homme tranquille, respectueux de l’ordre et de la discipline, a connu une vie de tempêtes et d’éclairs, heureusement entrecoupée de périodes d’accalmie, sans jamais se plaindre ni murmurer. Dans les circonstances les plus dramatiques, il garde son bon sens et sa bonhomie, et même, nous semble-t-il, son humour…

 

Enfin, quand il regagne sa petite ville de Maintenon dont il a été éloigné si longtemps, il y déroule paisiblement la trentaine d’années qu’il lui reste à vivre sans jamais rechercher autre chose que l’affection de sa famille, la fidélité à ses amis, et l’estime de ses concitoyens.

 

Il y a chez lui quelque chose du Candide de Voltaire qui, au terme d’une vie d’aventures, en vient à la conclusion que le plus important est de cultiver son jardin. À ce titre, il nous donne à travers ses Mémoires et les notes qu’il a laissées, une leçon de sagesse et d’humanité.

 

Philippe Collonge